lundi 26 décembre 2016

Trois chevaux meurent brûlés vifs

Ma fille n’arrête pas de pleurer. Son cheval est mort le jour de Noël… » Au pied du hangar agricole, Paul Schouller, agriculteur à la retraite propriétaire du bâtiment, et ses proches balancent des regards circulaires et hébétés sur les ruines fumantes. « Le bâtiment, ça n’est rien. Seulement du matériel. Ce sont les chevaux qui sont restés dedans, prisonniers des flammes, morts carbonisés qui nous bouleversent. »

« La jument Belle a son pelage roux noirci par le feu. Elle a perdu pour partie la vision »

Il est 1 h 51, samedi quand les pompiers sont alertés. Un hangar agricole de 300 m² planté rue de l’Égalité, sur les hauteurs de Fesches-le-Châtel, est la proie des flammes. Un voisin a entendu « comme un pneu qui éclatait ». Quand, dans les minutes qui suivent, Paul Schouller arrive sur les lieux, « il est trop tard. Le hangar n’est plus qu’un immense brasier. Impossible d’y pénétrer pour libérer les chevaux. Ils ont péri dans des conditions terribles. Et ça, c’est intolérable »
Sur le plafond surmontant les box loués aux propriétaires des chevaux (deux chevaux de selle, deux traits comtois et un poney), un lit de bottes de paille avait été aménagé. Pour isoler le bâtiment, protéger du froid les chevaux qui, le jour pâturaient dans les champs voisins. A priori, c’est dans ce lit de foin situé à l’étage que le feu a pris. Embrasés, les plafonds constitués de poutres et de planches se sont effondrés sur les box laissant peu d’échappatoire aux chevaux piégés par les flammes. Seuls Belle, une jument, et Câline, un poney, ont pu s’extraire du brasier. « Belle a son pelage roux noirci par le feu. Elle a perdu pour partie la vision. Selon le vétérinaire, les chevaux ont le cuir robuste. Elle souffre mais devrait s’en sortir », avoue Deborah Zenou, sa propriétaire, tandis que les pompiers arrosent de nouveaux départs de feu dans le fourrage.
Dans leur assaut dévastateur, les flammes n’ont rien épargné. Hormis le bâtiment, Paul Schouller a perdu un tracteur, deux presses, une scie à ruban, des chariots, 40 stères de bois etc. « Tout est fichu », lâche, désabusé, l’agriculteur. En septembre 2012 déjà, un hangar agricole lui appartenant, situé à quelques encablures et les 350 balles de foin qu’il contenait avaient été anéanties par les flammes. La faute à « un mégot de cigarette jeté par un gamin » qui a avoué son inconséquence. Revivre et supporter un second sinistre ébranle l’agriculteur bien connu dans le milieu des comices et qui a pris sa retraite en juin dernier. On le serait à moins.
Le court-circuit électrique pour expliquer le départ de feu, Paul Schouller n’y croit pas. « Cette nuit-là, une équipe faisait le bordel dans la cabane des chasseurs située juste un peu plus haut. Des bouteilles de bière et de vodka y ont été retrouvées. Pas impossible que les bringueurs soient venus se mettre au chaud dans le foin », suggère-t-il. À la gendarmerie de le déterminer. Une enquête est ouverte par les gendarmes de la communauté de brigade d’Étupes.

http://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2016/12/24/trois-chevaux-perissent-carbonises

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