vendredi 13 janvier 2017

Infirmière tuée : son compagnon à cran

Ambiance chaude, très chaude, ce jeudi, devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Nancy qui devait statuer sur le sort d’Hafid Mallouk. Cet agent d’assurances de 38 ans est soupçonné du meurtre de sa compagne, Julie Martin, une infirmière de Nancy dont le corps calciné a été retrouvé le 14 juillet 2014 dans une forêt de Villers-lès-Nancy. Ecroué depuis deux ans et demi, il clame son innocence et demande sa remise en liberté. Sans convaincre. Et au fil du temps, il s’enfonce dans une sorte de dépression agressive.
Amaigri, barbu, les traits tirés, il est arrivé, ce vendredi, à cran, prêt à exploser, devant la chambre de l’instruction. L’échange a été d’emblée houleux avec la présidente. « Je peux hausser le ton là… », a-t-il menacé la magistrate. Celle-ci, en retour, a dû le menacer d’une expulsion de la salle d’audience pour qu’il se calme. « Son profil psychologique n’inspire pas confiance », a réagi l’avocat général Paul Palpacuer qui a réclamé et obtenu le maintien en détention du meurtrier présumé. Hafid Mallouk reste donc en prison. Ce qui n’est pas vraiment une surprise.

Demande de nouvelles investigations

Pour ce qui est du fond de l’affaire, le juge d’instruction est sur le point de boucler les investigations sur la mort de son épouse. Et on se dirige vers un renvoi d’Hafid Mallouk devant la cour d’assises. Car au moins deux éléments l’accablent. D’une part, une tache de sang appartenant à la victime a été retrouvée dans le coffre de sa voiture. D’autre part, sur ses baskets a été découverte de la terre qui proviendrait de la forêt où le corps de l’infirmière a été brûlé.
Son avocat, Me Alexandre Bouthier, ne renonce pas pour autant. Il demande de nouvelles investigations. Dans l’espoir de faire exploser ce qui ressemble pour l’instant à des preuves de culpabilité.
Il réclame notamment une expertise des vêtements et des fameuses baskets de son client afin de vérifier « s’il y a ou non de la suie ou des cendres ».
Me Bouthier souhaite également une nouvelle expertise ADN sur la tache de sang retrouvée dans le coffre de la voiture pour savoir s’il n’y a pas un risque de confusion entre le profil génétique de sa compagne et celui de sa petite fille qui se serait blessée au genou et aurait saigné le jour de l’achat du véhicule.
« Ces demandes n’apportent rien » a estimé, pour sa part, Me Stéphane Massé, l’avocat de la famille de la victime. C’est le juge d’instruction qui tranchera. Il décidera dans les prochaines semaines s’il faut ou non procéder à de nouvelles investigations.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2017/01/13/infirmiere-tuee-son-compagnon-a-cran

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