mercredi 25 janvier 2017

Mort suspecte d'un bébé : la mère, son compagnon et le grand-père interpellés

Une semaine après le décès suspect d'un bébé d'un an, les gendarmes de Gaillac ont procédé hier matin à plusieurs interpellations. La mère de l'enfant, son compagnon et le grand-père maternel ont été placés en garde à vue. Le parquet criminel de Toulouse a été saisi du dossier.
Un dossier hors norme que la justice va devoir démêler. Une affaire terrible qui a coûté la vie à un innocent, un enfant tout juste âgé d'un an, qui selon plusieurs sources aurait été «supplicié et martyrisé» dans un milieu familial compliqué.
Amine D, est né le 6 janvier 2016, il est décédé mardi 17 janvier vers 7 heures à Gaillac dans l'appartement qu'occupaient sa mère âgée de 21 ans, son compagnon, âgé de 24 ans et le grand-père maternel du bébé, âgé de 59 ans. La mère et son compagnon ont été interpellés en toute discrétion hier vers 8 h 45 à leur domicile de la rue des Frères Delga à Gailla. Deux véhicules banalisés de la gendarmerie ont stationné devant une maison. Les gendarmes à bord ont ensuite disparu derrière une porte. Deux d'entre eux sont ressortis en compagnie d'un jeune homme menotté (le compagnon de la mère d'Amine), placé immédiatement à l'arrière du premier véhicule. Trois minutes plus tard, trois autres gendarmes sortaient du même immeuble encadrant une jeune femme (la mère d'Amine) qui à son tour prenait place à l'arrière du second véhicule. Les deux voitures rejoignaient ensuite la gendarmerie.
Peu de temps après ces deux interpellations, le grand-père maternel du petit Amine était à son tour interpellé. Tous trois étaient immédiatement placés en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Gaillac, pour «violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans, ayant entraîné la mort», des garde à vue prolongées hier dans la journée. C'est le parquet criminel de Toulouse qui est saisi de l'affaire, une information judiciaire devrait très prochainement être ouverte avec la nomination d'un juge d'instruction.
Mardi 17 janvier au matin, lorsque la mère a constaté que son enfant était inanimé, elle a prévenu les secours, le médecin a rapidement diagnostiqué qu'il ne s'agissait pas d'une mort naturelle. Dans l'après-midi, une autopsie du corps de l'enfant était pratiquée à l'institut de médecine légale du centre hospitalier Rangueil à Toulouse. Un examen qui révélera une quinzaine de fractures et une cinquantaine d'ecchymoses. La présence d'un hématome sous-dural aurait également été constaté, il serait à l'origine du décès de l'enfant, c'est l'un des symptômes du «syndrome du bébé secoué». Cependant, des analyses complémentaires permettant de dater les violences subies par l'enfant vont être effectuées. Ces résultats sont attendus d'ici un à deux mois. Pour l'instant, tout laisse donc à penser que cet enfant a été maltraité.

Entourage familial complexe

Quelques semaines après sa naissance Amine avait été retiré à sa mère et confié, sur décision de justice, à sa grand-mère maternelle. Hier, cette dernière assurait avoir «gardé l'enfant jusqu'au 26 septembre» avant de le reconfier à sa mère en raison d'un déménagement sur la Côte d'Azur. La grand-mère avait une fois encore récupéré l'enfant une quinzaine de jours pendant la période des fêtes de fin d'année. «Il était tout maigre quand je l'ai récupéré et avec moi il était jovial, il mangeait bien», ajoutait-elle.
Cette affaire qui a été rendue publique une semaine après la mort de l'enfant démontre la difficulté que rencontrent les enquêteurs pour tenter de comprendre comment s'est déroulé le drame dans un entourage familial des plus complexes parfois exacerbé par des problèmes d'alcoolisme. Une mère placée lors de son enfance dans un Institut médico-éducatif, le père de l'enfant qui n'apparaît pas pour l'instant dans le dossier, le compagnon de la mère qui vit avec elle et sous le même toit que le grand-père maternel de l'enfant, lequel est séparé de la grand-mère maternelle. Tout ceci dans un climat de défiance entre les divers membres de la famille jusqu'à se quereller sur les obsèques à donner à l'enfant puisqu'une partie veut un enterrement, quand l'autre souhaite qu'il soit incinéré.

http://www.ladepeche.fr/communes/gaillac,81099.html

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