samedi 7 janvier 2017

Nancy : arrêté sur le quai de la gare avec 53.400 euros de cocaïne

Son avocat a beau assurer que son client, né à Saint-Laurent-du-Maroni, ne comprend que le taki-taki, « un dilecte guyanais », David Toika est bien parvenu, dans un français certes aléatoire, à donner sa version des faits. Et elle vaut le détour…
L’homme, au casier vierge, a été contrôlé par les douanes ce mardi en gare de Nancy alors qu’il s’apprêtait à grimper dans le TGV pour Toulouse. Dans son sac de voyage, deux bouteilles de yaourt à boire. Et, dans celles-ci, 85 ovules enveloppés dans du film plastique noir. L’analyse a révélé qu’il s’agissait de cocaïne. Pour un total de 713 grammes et une valeur de revente sur le marché de 53.400 €.
Jugé ce vendredi en comparution immédiate, David, 37 ans, a livré la même fable que celle lâchée pendant sa longue garde à vue. Quelques jours avant Noël, à Paris, une amie de Guyane, une certaine Marie, lui aurait confié ces deux fameuses bouteilles de yaourt à boire. L’homme assure qu’il ne savait pas ce qu’elles contenaient. « Je ne savais pas que c’était de la drogue. Elle m’a dit que c‘était un truc à revendre, que l’on partagerait l’argent ».
La présidente Gobin, qui a passé l’âge de gober les sornettes des justiciables, feint l’étonnement : « Et vous ne vous êtes pas posé la question de savoir ce que contenaient ces deux bouteilles ? ».
Le prévenu, droit dans ses bottes : « Non. Mais si je n’étais pas parvenu à le revendre, je l’aurais jeté ».
L’homme, qui a déjà séjourné en métropole en 2013 et 2014, est revenu il y a quelques mois, avec ses économies d’orpailleur. Il souhaite s’installer dans le coin. Et assure être père de 22 enfants : « 13 filles et 9 garçons ».
« Ce sont des explications abracadabrantes », glisse la représentante du parquet qui requiert 16 mois ferme et le maintien en détention. « Monsieur est-il une simple mule ? On ne le sait pas ».
Me Guillaume Crouvizier, son avocat, en est persuadé. « Mon client n’est pas un grand trafiquant. Et s’il reste assez discret sur l’origine de la drogue, c’est qu’il a sans doute peur des représailles ».
Jugement : 2 ans ferme, avec maintien en détention, amende douanière de 28.000 €.
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2017/01/06/nancy-arrete-sur-le-quai-de-la-gare-avec-53-400-euros-de-cocaine

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