mercredi 18 janvier 2017

Tout finira dans un bain de sang »

Le 10 octobre 2013, dans leur maison à Corre, il avait tué sa compagne avec une arme à feu, sur fond de séparation. Devant la cour d’assises de la Haute-Saône, Dominique Detrie maintient que l’acte n’était pas prémédité.
« Après onze ans de vie commune, ça ne va pas s’arrêter comme ça. Tout finira dans un bain de sang. Les enfants iront à la DDASS et moi en prison. » Ces phrases, Peguy explique les avoir toujours à l’esprit. Ce mardi matin à Vesoul, devant la cour d’assises de la Haute-Saône, elles ont d’ailleurs été citées à plusieurs reprises par les témoins. Trois amies et le père de la victime, présents lorsque la gendarmerie a été alertée. À 10 h 52 précises, le 10 octobre 2013.
Dans un contexte de séparation, Linda Lassauge, 39 ans, avait décidé de récupérer quelques affaires dans la maison qu’elle partageait avec Dominique Detrie et leurs quatre enfants, à Corre, dans le nord du département. C’est alors qu’elle avait été séquestrée dans une chambre, à l’étage, par celui qu’elle avait décidé de quitter. Il l’aurait suppliée de ne pas l’abandonner. Jusqu’à la détonation, mortelle, entendue à 13 h 20, à l’issue d’un terrible huis clos dans lequel était aussi impliqué Alain Lassauge, tenu en respect au milieu des escaliers. Le père, venu aider au déménagement, avait pu ensuite s’échapper. Dominique Detrie avait été interpellé vers 17 h par le GIGN, sans opposer de résistance.

« J’étais au bout du rouleau »

Dans son box, l’homme s’embourbe dans ses propos. « Vos déclarations évoluent beaucoup, vous avez à peu près tout dit », regrette le président de la cour, Yves Plantier. Entre les dépositions effectuées durant la garde à vue, la remise en situation, l’audition qui a suivi et cette deuxième journée consacrée à son procès, l’accusé, âgé de 50 ans, reconnaît, certes, avoir tiré sur sa compagne. Mais il dément avoir prémédité son geste. « J’étais au bout du rouleau », répète-t-il. Selon lui, la jeune femme aurait lancé « un objet rouge » dans sa direction alors qu’il « somnolait ». Il se serait alors levé, avant de faire feu : « Mais je n’ai pas vu tomber Linda », complète l’accusé qui avait récupéré le fusil chez sa mère, deux jours auparavant, achetant des cartouches sur le chemin du retour.
Pour le médecin légiste, chargé de l’autopsie du corps, « le décès est la conséquence directe d’un tir unique d’arme à feu exécuté à courte distance, reçu dans la région thoracique ». Les experts ont estimé la distance de tir à une soixantaine de centimètres, selon une trajectoire « très légèrement du haut vers le bas ». Aucune lésion suspecte d’une rixe n’a été repérée. Linda Lassauge est morte à l’issue « d’une agonie extrêmement brève ». 
Le verdict sera rendu ce mercredi en début de soirée à l’issue, notamment, des réquisitions de l’avocat général, Julie Bressand, et des plaidoiries des avocats des parties civiles, Mes Isabelle Jeanroy et Charline Bonnot, du barreau de la Haute-Saône, et de la défense, Renaud Portejoie, de Clermont-Ferrand, et Sylvain Corbier, de Lyon
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-vesoul-haute-saone/2017/01/18/tout-finira-dans-un-bain-de-sang

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