Faits divers Drame de Montflovin : un an après, la douleur demeure

Le terrible accident de car scolaire de Montflovin, le 10 février 2016, avait coûté la vie à deux collégiens. Un an plus tard, les esprits restent meurtris par ce drame, auquel beaucoup de familles du Haut-Doubs s’étaient identifiées.

Ceux qui, de près ou de loin, l’ont vécue, n’oublieront jamais cette funeste journée du 10 février 2016.
Ce mercredi à 7 h 40, une banale matinée bascule dans l’horreur pour les 33 occupants d’un car scolaire. À l’abord d’une courbe entre Montbenoît et Pontarlier, le véhicule quitte la chaussée blanchie par la neige et le verglas, pour s’écraser dans un champ. Les vitres explosent à l’impact, le car se retourne. Ejectés, Mathis Pourchet, 12 ans, et Laureen Piguet, 15 ans, ne survivent pas à l’accident. Le chauffeur et trois autres enfants sont, eux, blessés et hospitalisés.
La suite fut un cauchemar pour les proches des deux victimes, « ces deux petits anges partis trop tôt », comme l’écrira plus tard un camarade de classe du collège Aubrac, où Laureen et Mathis étaient scolarisés. Le traumatisme s’était alors étendu à tout le territoire du Haut-Doubs, éprouvé, endeuillé, mais farouchement solidaire. Les marques de soutien furent innombrables et émouvantes.
Ceux qui ont participé aux obsèques communes des deux adolescents à Montbenoît, ou à l'immense marche blanche, le lendemain sous les flocons de Pontarlier, ne l'oublieront pas. Partage, silence, douleur et dignité étaient au rendez-vous.

« Il y a une semaine, il a neigé : on y a tous repensé »

Patrice est pompier depuis trente ans. Il dirigeait la première ambulance à arriver sur place et a découvert, avec ses collègues, ce qui était arrivé à Laureen et Mathis. « C’était un moment dur. J’ai fait beaucoup d’interventions marquantes, mais celle-ci était particulière. Quand on est arrivé, il y avait de l’affolement, des pleurs, des cris… L’ambiance était poignante », se souvient-il.
Pompier mais père avant tout, Patrice évoque le phénomène d’identification vécu par tant de familles. « Quand on rentre à la maison, on retrouve ses enfants qui ont le même âge et qui, eux aussi, prennent le bus. Ça fait bizarre. Alors depuis, je leur répète encore et encore de mettre leur ceinture. Il y a une semaine, il a neigé : on y a tous repensé », avoue-t-il.
Un an après jour pour jour, que reste-t-il du drame de Montflovin, alors que l’enquête judiciaire, elle, n’est pas close ( lire ci-dessous ) ? De la douleur mêlée de pudeur, principalement. Les familles Pourchet et Piguet désirent - et on le comprend - traverser cette terrible date « anniversaire » à l’abri des regards et des commentaires, déclinant poliment l’offre d’une discrète cérémonie dans leur village de La Longeville.
Même retenue au collège Lucie-Aubrac. Au lendemain de la tragédie, l’hommage des camarades de Laureen et Mathis - ces centaines de petits textes, de dessins, de fleurs - avaient ému aux larmes les proches des victimes comme les anonymes, venus témoigner de leur soutien lors de la marche blanche.
« Ce 10 février ne sera pas une journée banale », reconnaît le principal du collège, Christian Kovacic, qui a prévu, dit-il, « un petit moment de partage » dans l’intimité de l’établissement. « On souhaite faire ça entre nous, avec les élèves et le personnel adulte qui le souhaitent. Ça remue. Ces derniers jours, on sentait l’émotion qui revenait. Laureen et Mathis étaient des jeunes qui avaient une joie de vivre, on va essayer d’être à la hauteur de ça, à la hauteur de qui ils étaient ».
Laureen, Mathis. Deux prénoms que ni le collège Aubrac, ni le Haut-Doubs n’oublieront jamais
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2017/02/10/drame-montlovin-un-an-apres-emotion-et-douleur-demeurent