dimanche 26 février 2017

Un rocambolesque vol de voiture

Vendredi matin, Bilel Y., 36 ans, et Dimitri D., 20 ans, aux casiers judiciaires chargés, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour une affaire de vol de voiture.Le 4 janvier 2016, un Citroën Berlingo est volé à Bagnères-de-Bigorre. Son propriétaire avait laissé les clefs sur le contact alors qu'il faisait ses courses. Après le dépôt de plainte, les enquêteurs pistent le véhicule et retrouvent sa trace le lendemain à la station essence du Leclerc d'Orleix, où son nouveau conducteur était reparti sans payer.

Retrouvé au cimetière

10 jours plus tard vers 21 h 45, le véhicule volé refait parler de lui. Il force un contrôle routier à vive allure à Saint-Martory. Les gendarmes partent à sa poursuite et retrouvent sa trace encastrée dans le portail du cimetière de la commune. Caché derrière une tombe, ils découvrent Dimitri D. Interrogé, ce dernier déclare dans un premier temps être le passager du véhicule et avoir été pris en stop. Grâce au portable abandonné sur le siège conducteur, les enquêteurs en concluent qu'il était bien au volant. En outre, les constatations démontrent que le jeune homme était alcoolisé et ne disposait pas du permis de conduire. Concernant le véhicule, il déclare que c'est un certain Bilel Y. qui serait passé chez lui pour lui donner les clefs sans lui parler de sa véritable appartenance. «Je croyais qu'elle était à son oncle, je ne savais pas qu'elle était volée», explique-t-il à la barre. Dimitri n'est pas poursuivi pour recel mais pour son refus d'avoir obtempéré avec circonstances aggravantes. Son avocate, Me Caillaud, tente d'expliquer l'attitude de son client par la peur. «Il connaît l'importance de son casier bien fourni, même si celui-ci ne contient aucune mention pour des délits routiers.» Lors de son interrogatoire, Bilel reconnaîtra le vol, avançant une drôle d'explication : «Je faisais du stop pour aller voir une copine à Saint-Pé-de-Bigorre et j'ai vu les clefs sur le véhicule». L'occasion faisant le larron, il l'a subtilisé.

Demande d'indulgence

Le procureur de la République Éric Serfass requiert, à l'encontre de Dimitri, 5 mois de prison avec sursis et 8 mois de prison contre Bilel. L'avocate du premier plaide pour une peine alternative à la prison. «5 mois de prison, c'est excessif. À son âge, ce n'est pas la peine de le faire repartir dans la spirale de l'incarcération. Il vaut mieux lui proposer une peine alternative.» Le second, qui se défend seul en l'absence de son avocat, endosse l'entière responsabilité assumant ses faits. Il prend même la défense de son coprévenu. «Soyez indulgent avec le petit.» Lorsque la présidente Élisabeth Gadoullet les interroge pour savoir s'ils accepteraient d'effectuer un travail d'intérêt général, ils répondent positivement : «Je n'ai fait que de la prison dans ma vie. J'accepte de bon cœur cette peine», déclare Bilel. Il écope au final de 5 mois avec sursis assorti de 140 heures de TIG et Dimitri de 3 mois avec sursis et 105 heures de TIG. La présidente les met en garde : «Quand on grandit, on peut espérer que ce type d'avertissement soit plus efficace».
http://www.ladepeche.fr/communes/tarbes,65440.html

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