vendredi 17 mars 2017

Ce que l'on sait de la fusillade dans un lycée à Grasse

U ne fusillade dans un lycée de Grasse (Alpes-Maritimes) a fait jeudi plusieurs blessés légers dont le proviseur. Un élève du lycée, âgé de 17 ans et dont les motivations ne semblent pas terroristes, a été interpellé avec plusieurs armes
Plus tôt dans la journée ce jeudi 16 mars, une fusillade a éclaté dans le lycée Alexis de Tocqueville, à Grasse, faisant huit blessés - parmi lesquels le proviseur de l'établissement, dont trois touchés par des plombs.
Retrouvé en possession de plusieurs armes, le suspect interpellé est un lycéen de l'établissement scolaire. Il est "a priori inconnu des services de police", a-t-on précisé de source policière et paraît avoir agi seul. Il était armé d'un fusil, de deux armes de poing et de deux grenades. 
Cette fusillade est "l'acte fou d'un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu", a déclaré sur place la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. "Le proviseur s'est précipité" vers l'agresseur lorsqu'il a sorti son arme "pour tenter de le raisonner", a-t-elle ajouté, qualifiant cette action d'"héroïque". "Nous sommes passés à côté du pire", a-t-elle estimé.

La piste de l'attentat terroriste écartée

Contrairement à ce qui était envisagé plus tôt, l'enquête ne s'oriente "pas du tout sur la voie" du terrorisme", a indiqué à l'AFP le président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Christian Estrosi, "on est plutôt sur quelqu'un qui semble avoir des problèmes psychologiques."
Sur des comptes Facebook, Twitter et Youtube correspondant au nom du principal suspect, on pouvait voir plusieurs photos et vidéos de tuerie comme celle de Columbine aux Etats-Unis, une fusillade dans un lycée du Colorado qui avait 13 morts en 1999, ainsi qu'une vidéo d'une personne avec un masque de clown brandissant un pistolet.

Accès verrouillé et cellule de crise

L'accès au lycée Tocqueville, un grand bâtiment moderne situé dans la périphérie de Grasse, était complètement verrouillé en milieu d'après-midi, la presse était maintenue à distance, à un rond-point situé à plusieurs centaines de mètres au dessus de l'établissement, en contrebas dans cette ville au relief très marqué.
Un hélicoptère survolait régulièrement la zone. "Certains élèves sont partis et ont essayé de se réfugier au magasin Leclerc voisin, ce qui a créé un mouvement de panique et une rumeur d'attentat", a expliqué la mairie. "Il a été demandé aux autres élèves de rester dans le lycée et de ne pas céder à la panique", a-t-elle ajouté.
La fusillade a entraîné le déclenchement de l'alerte attentat de l'application pour smartphones SAIP par les autorités: la mention "Alerte attentat" au "Lycée Alexis de Tocqueville" est apparue sur les écrans des téléphones mobiles équipés. "Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours", "Abritez-vous", "Ne vous exposez pas", enjoint-elle.
Dans la foulée, le recteur de l'académie de Nice a également sur Twitter le confinement de tous les établissements de Grasse, un dispositif levé peu après 15 h. Dans un autre tweet, le recteur a demandé "aux parents de ne pas s'y rendre", assurant que "les élèves (étaient) en sécurité".
 

Une cellule de crise a été installée et les Plans particuliers de mise en sécurité (PPMS) ont été déclenchés, selon lui. Le lycée Tocqueville, qui offre surtout des filières scientifiques, est considéré localement comme un lycée de bon niveau.
A la suite à cette fusillade, ainsi qu'après l'explosion d'un colis piégé au siège du FMI à Paris, qualifiée d'attentat par François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a écourté une visite dans la Somme et pris l'hélicoptère en urgence depuis Rue, dernière étape de son déplacement. La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem était attendue à Grasse.

L'état d'urgence se poursuit jusqu'au 15 juillet

Selon François Hollande, l'explosion d'un courrier piégé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI) et la fusillade dans un lycée de Grasse (Alpes-Maritimes) ce même jour conduisent à "justifier l'état d'urgence".
"J'ai annoncé, et le Parlement a bien voulu suivre la position qui était la mienne et celle du gouvernement, que l'état d'urgence durerait jusqu'au 15 juillet, il durera jusqu'au 15 juillet", a déclaré le chef de l'État, alors que le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait estimé mercredi que les conditions étaient réunies pour une sortie de ce régime civil de crise instauré après les attentats de novembre 2015.
http://www.midilibre.fr/2017/03/16/ce-que-l-on-sait-de-la-fusillade-dans-un-lycee-a-grasse,1479961.php

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