mercredi 24 mai 2017

Après la mort de leur enfant, ils suspectent une erreur médicale

Un couple attend depuis 9 mois un rapport médical pour pouvoir lancer des poursuites contre une infirmière de l'hôpital Purpan. Il la suspecte d'avoir commis une erreur médicale sur leur fille de 19 mois.

«Depuis le 8 mars 2016, nous ne vivons plus, nous survivons.» Barbara Mieulet et Fabrice Gros ont connu la plus grande des pertes : le décès d'un enfant. Depuis ses 11 mois, leur fille Manon était alimentée via une sonde durant la nuit. «C'était une enfant qui ne prenait pas de poids car elle avait du mal à déglutir. Nous avons décidé de la faire opérer», explique Fabrice, 44 ans. La mise en place de la sonde permettait d'introduire l'alimentation dans l'estomac.
Hormis ce problème, Manon était une enfant éveillée qui faisait le bonheur de ses parents. «Nous avons mis onze ans à avoir cette enfant, pour nous, c'était un miracle», raconte Barbara. Un bonheur qui prend fin de façon brutale en mars 2016. «Le dimanche soir, j'ai entendu un bruit, explique la jeune femme de 38 ans. Le ballonnet venait de se percer. Le médecin est venu à la maison, mais il n'a pas pu changer le bouton car la diététicienne l'avait oublié.» Le lendemain, la famille se rend aux urgences de l'hôpital Purpan. Une infirmière change le bouton en quelques minutes. La fillette vomit, mais la soignante explique que cela est normal. La famille est rapidement de retour à la maison, à Monteils, dans l'Aveyron. La petite montre des signes de fatigue et se colle à sa mère. Comme elle n'a pas de fièvre, Barbara et Fabrice ne s'inquiètent pas. Les choses s'accélèrent dans la nuit. Manon vomit plusieurs fois. Inquiète, Barbara téléphone à l'hôpital. Là encore, on rassure la maman. Elle téléphone au médecin traitant qui ne peut pas venir tout de suite. Barbara retourne auprès de sa fille. L'enfant tremble de tout son corps. Sa température atteint 41 degrés. Elle s'éteint dans les bras de sa mère. «Elle est partie, tout comme une partie de nous», raconte Barbara en larmes.
Les semaines qui suivent sont cauchemardesques. Selon les parents, le rapport d'autopsie indique que la poche était placée à côté de l'estomac. Le couple dépose plainte. Lors d'un rendez-vous au sein de l'hôpital, on leur explique que la petite était porteuse d'une maladie génétique. «Même avec cette maladie, elle ne serait pas morte», précise la jeune femme. Désormais, les parents attendent un rapport d'expertise médicale pour entamer une procédure juridique. «Cela fait presque un an que nous l'attendons et rien ne bouge. Sans lui, l'enquête ne peut pas avancer !», tempête Fabrice. Ils souhaiteraient que l'infirmière soit jugée et mise devant ses responsabilités. «On ne peut pas nous rendre ce que l'on a perdu, mais il ne faut pas que ça arrive à d'autres», commente Barbara. Contacté, le CHU indique «comprendre l'immense douleur des parents dans la perte malheureuse de leur enfant et reste à leur écoute, mais être tenu au respect du secret médical et ne pouvant divulguer la moindre information relevant de sa prise en charge médicale».
Toulousehttp://www.ladepeche.fr/communes/toulouse,31555.html

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