vendredi 12 mai 2017

Les premiers curieux se précipitent aux fenêtres. Ils ont le temps de voir un homme blessé au pied se diriger vers le n° 3 de la même rue pour rejoindre son appartement. Les traces de sang sur la chaussée permettent de suivre son parcours. « On l’a entendu crier et appeler quelqu’un à l’interphone », témoigne un autre voisin.
Les secours sont prévenus. L’homme est pris en charge par les sapeurs-pompiers qui l’emmènent vers le stade Serzian où atterrit un hélicoptère qui transportera le blessé vers l’hopital de Besançon.
L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf que sur le lieu même de l’explosion, on trouve un sac suspect. Un important dispositif est alors déployé. Un périmètre de sécurité est mis en place. Les 20 personnes habitant dans les dix appartements du n° 1 sont évacuées.
Le maire de Belfort et deux de ses adjoints arrivent sur place. Il est décidé d’ouvrir le centre culturel de la Pépinière afin de préparer un hébergement de fortune si la situation perdurait. Les responsables de Territoire Habitat, bailleur social, arrivent à leur tour pour anticiper de possibles relogements.

Il avait jeté un engin explosif sur la patinoire

Sur les abords du périmètre, les badauds suivent de loin mais ne s’étonnent guère de la situation. Tout le monde connaît les antécédents du blessé. L’homme a déjà été condamné pour avoir jeté un engin explosif sur la patinoire de Belfort en 1999. En 2015, son appartement de la rue Sangnier avait été fait l’objet d’une perquisition de la brigade de recherche de la gendarmerie parce que soupçonné d’avoir menacé de détruire la salle de prière musulmane à Delle. Les enquêteurs y avaient trouvé alors des produits chimiques et deux détonateurs.
Pendant ce temps, la brigade de déminage quitte Colmar. Il est décidé d’évacuer les appartements du n° 3 pour éviter toute mauvaise surprise car l’on ne sait alors ce qu’on pourrait trouver dans l’appartement du blessé situé au 2e étage. Il est envisagé de faire appel à la cellule chimique des sapeurs-pompiers à Metz au vu des antécédents. Treize personnes sont prises en charge : huit seront relogées à l’hôtel, cinq dans de la famille. Parmi eux, une dame de 97 ans.
Un peu avant minuit, les démineurs sont sur place. Le sac suspect est rapidement pris en charge. Il ne contient rien de dangereux. Un peu après minuit, les habitants peuvent rejoindre à nouveau leurs appartements.
Les démineurs entrent alors dans l’appartement pour une fouille méticuleuse. Il leur faudra près d’une heure pour sécuriser les lieux. Ils n’y trouveront que des produits du commerce comme de l’acétone ou de l’eau oxygénée.
Restent maintenant aux enquêteurs à déterminer ce que transportait l’homme au moment de l’explosion mais aussi ce qu’il comptait en faire.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire