mardi 27 juin 2017

Meurtre de Julien Bideaud : la famille met en cause la police

rois ans et demi déjà. Trois ans et demi de lutte, d’insomnie, d’obsession, de rage, d’incompréhension. Trois ans et demi, et un deuil toujours « impossible », expliquent-ils.
La famille de Julien Bideaud, assassiné le matin du 17 octobre 2013 sur le parking d’une école primaire de Pontarlier, ne se satisfait ni des conclusions de l’enquête, qu’elle juge incomplète, ni de la décision de déclarer le meurtrier, Nuri Akturk, irresponsable pénalement. Cet arbitrage de la justice, dicté par les expertises psychiatriques, a éteint toute procédure judiciaire et anéanti l’espoir d’obtenir un procès aux assises.
Sa mère Maryse, son père Jean-Marie et sa soeur Leatitia n’ont eu d’autre choix que de capituler. À leurs yeux néanmoins, en marge de l’instruction en tant que telle, un élément de révolte demeure. « La police de Pontarlier a contrôlé Akturk quatre fois en trois semaines avant qu’il ne tue Julien, alors qu’il n’avait pas le droit d’être en ville. Les policiers le savaient et n’ont rien fait », pointe Leatitia, en brandissant des documents de main courante qui figuraient dans le dossier d’instruction, auquel elle a eu accès.

La balle sera dans le camp du ministère de l’Intérieur

On y apprend effectivement que le 26 septembre, puis les 7, 12 et 16 octobre 2013, Akturk est vu et pris en charge par les forces de l’ordre. Les documents sont frappés du tampon du ministère de l’Intérieur. Le futur meurtrier de Julien (il a avoué son crime deux ans plus tard) était alors frappé d’une interdiction judiciaire d’apparaître à Pontarlier, dans le cadre d’une précédente affaire de violence datant de mai 2013.
« Les policiers ont un boulot, protéger les gens, et ils ne l’ont pas fait. La veille du meurtre, la mère d’Akturk se réfugie au commissariat car elle dit avoir peur de son fils. La veille ! Pourquoi on n’a pas appelé un juge pour savoir quoi en faire », s’indigne Leatitia Bideaud.
« Les gens pensent qu’avec le temps ça va mieux, c’est faux. En son absence, ça empire. Il y a toujours de la colère. On se sent impuissant face à ce système. Alors si au moins, enfin, on reconnaissait une responsabilité à quelqu’un… Ça ne changerait pas notre douleur, loin de là. Mais quand même. On se dirait qu’il y a quand même une toute petite, petite, petite justice », poursuit la soeur de Julien.
Dans les semaines à venir, une action en responsabilité contre l’État pour faute lourde – en l’occurrence dysfonctionnement graves des services de police – sera adressée au ministère de l’Intérieur. Si aucune reconnaissance ni proposition d’indemnisation ne sont formulées, l’avocat de la famille Bideaud, Me Schwerdorffer, saisira alors la justice en tant que telle, via le tribunal de grande instance de Paris. « On s’en fout de l’argent, ce qu’on veut, c’est qu’ils reconnaissent leur tort », lâche Leatitia Bideaud.


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