samedi 3 juin 2017

Nancy : la mère condamnée à 10 ans pour la mort de son bébé

Que s’est-il passé le 30 juin 2012 dans une maison du village de Cirey-sur-Vezouze ? C’est sur cette question en forme de casse-tête que la cour d’assises de Nancy a planché toute la semaine. On sait que ce jour-là, un bébé d’un mois, la petite Coleen, a été frappé à plusieurs reprises. Elle a été aussi secouée. Avec une violence telle que cela a entraîné une hémorragie cérébrale mortelle.
L’enfant a passé toute la journée à la maison avec ses parents. C’est donc l’un d’eux qui l’a maltraitée. Voire même, peut-être, les deux. Ils sont en tout cas tous les deux dans le box des accusés. Chacun nie dans son coin.

« Le pourri de service »

Lequel faut-il condamner ? Lequel faut-il acquitter ? Dans un réquisitoire limpide et implacable, l’avocat général, Christophe Amunzateguy, a exhorté les jurés à ne pas juger sur les apparences. Car le père, Yohann Le Tutour, « un toxicomane décrit comme violent », a beau avoir le profil du « pourri de service », cela ne fait pas de lui un coupable.
Il a en effet presque un alibi. Il a dormi durant une bonne partie de la journée du crime. Car il s’était bourré de cachets la veille au soir. Ce qui est corroboré par une expertise sanguine.
« Il ne me paraît pas crédible qu’un type complètement schlass soit l’auteur du déchaînement de violence qui a coûté la vie à la petite Coleen », constate l’avocat général. En revanche, la mère fait un coupable plus crédible à ses yeux. Elle a beau être « une jeune femme soumise et attendrissante qui pleure à la barre », ses explications « manquent de logique humaine et matérielle ».

« 24 heures chrono »

Hormis une absence d’une demi-heure pour aller chercher un portable, elle a passé l’intégralité de la journée du 30 juin avec sa fille. Aux yeux de Christophe Amunzateguy, « elle seule pouvait donc commettre les faits ». Il requiert 10 ans de prison contre elle. Et demande l’acquittement pour le père.
Ce qui ouvre un boulevard pour l’avocate de ce dernier, Me Elodie Lambert. En revanche, le défenseur de la mère, Me Isabelle Baumann, doit sortir les rames pour remonter le courant. Elle tente de raconter la journée du drame à la première personne, à la place de sa cliente. Façon « 24 heures chrono », espère Me Baumann. Mais sans Jack Bauer et le suspense des séries américaines.
L’effet de manche a surtout l’inconvénient de prêter à sa cliente des pensées qu’elle n’a pas forcément eu. Bref de faire plus de la fiction que de l’analyse de dossier judiciaire. L’avocate est plus convaincante lorsqu’elle charge le père. Elle rappelle la phrase qu’il sort à sa compagne quand sa fille est prise en charge par les secours : « T’inquiètes pas on en fera un autre ». Cela n’a pas suffi à convaincre les jurés. Ils ont acquitté le père et condamné la mère à 10 ans de prison. Celle-ci s’est effondrée en larmes et son avocate a annoncé qu’elle faisait appel

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