vendredi 30 juin 2017

Un accident de la route rare tue deux chevaux et blesse deux cavaliers au sud de Toulouse

C’est un accident rarissime qui a profondément choqué les victimes et les témoins, jeudi 22 juin à Montbrun-Lauragais, au sud de Toulouse, en Haute-Garonne. Deux chevaux sont morts percutés violemment par une voiture et deux cavalières ont été sérieusement blessées, sur la RD24 en direction de Corronsac.

Vers 22h45, un groupe de six cavaliers, escorté par une camionnette, quittait le marché nocturne organisé à Montbrun-Lauragais, petit village perché sur les collines entre le canal du Midi et la rivière Ariège. Les cavaliers, originaires de Venerque et habitués des lieux, rentraient chez eux en empruntant principalement des chemins "hormis un petit tronçon de route départementale, raconte Gérard Bolet, le maire de Montbrun-Lauragais. Ils circulaient sur le bas-côté, à gauche de la route pour faire face à d’éventuelles voitures comme le feraient des piétons", précise-t-il.

"Cette voiture a déboulé à toute vitesse"

À proximité, un groupe d’amis étaient attablés en terrasses alors que la canicule frappait la région en ce premier jour de l’été. "Nous avons distinctement entendu le clic clac des sabots sur le bitume. Nous avons alors vu un cortège de 6 chevaux montés par leurs cavaliers, éclairé par le camion blanc du propriétaire, phares et warnings allumés pour bien les signaler, raconte Christelle Segers, une des témoins de la scène. Chaque cavalier portait un gilet réfléchissant jaune et une bombe sur la tête. Ce convoi était parfaitement visible et se déplaçait calmement au pas". Un équipement vivement recommandé mais pas obligatoire.
Alors que la route est droite et éclairée à cet endroit, une voiture a surgi et a renversé les deux premiers chevaux. "Cette voiture a déboulé à toute vitesse, se souvient Christelle Segers. Le bruit du choc nous a fait tout de suite réagir, tant c’était fort. Un des chevaux a littéralement volé dans les airs, de même que son cavalier, pour ensuite en faucher un autre avant d’aller s’arrêter sur le bas-côté".

Un cheval tué sur le coup et l'autre euthanasié

Prévenus, deux gendarmes se sont rendus sur les lieux alors que les riverains portaient les premiers secours. Le conducteur de la voiture, un homme de 34 ans, a été entendu par les gendarmes. Selon plusieurs sources, il conduisait en état d'ébriété. Une enquête est ouverte pour connaître les circonstances exactes de l'accident. Les blessés ont été pris en charge par les pompiers. Deux cavaliers ont été hospitalisés: une femme qui est sortie aujourd'hui de l'hôpital pour des douleurs rénales et quatre côtes cassées et un homme pour des plaies importantes nécessitant la pose de six points de suture. Les quatre autres cavaliers, dont une jeune fille de 12 ans, ont été, eux, très traumatisés.

Côté chevaux, un animal a été tué sur le coup et l’autre a dû être euthanasié deux heures plus tard par un vétérinaire venu sur place, en pleine nuit. Ce qui a fortement choqué Christelle Segers : "Le cheval avait les pattes brisées. La pauvre bête s’est débattue et a longtemps agonisé avant l’arrivée du vétérinaire. Les gendarmes ne pouvaient-ils pas l’achever avec leur arme ?", s’interroge-t-elle. La réponse est non. "Seul un vétérinaire a l’autorisation d’euthanasier un animal", répond la gendarmerie.



Trois jours pour évacuer les chevaux morts

Bouleversés, Christelle Segers et ses amis, se demandent pourquoi cette intervention a été si longue et si mal coordonnée, selon eux. "Il a fallu attendre plus de deux heures le vétérinaire et l’ambulance. L’équarrisseur n’est passé que lundi après-midi pour enlever les chevaux que nous avons dû nous-même dégager de la route à 3h30 du matin. Avec la chaleur, l’odeur était insupportable pendant plus de trois jours, racontent les témoins. Heureusement qu’il y a eu cette solidarité spontanée de notre part".

Pour le maire de Montbrun-Lauragais, Gérard Bolet, la situation totalement exceptionnelle explique le sentiment ressenti par les témoins de l’accident. "Nous étions mobilisés. Mon adjoint a passé la nuit sur place et est revenu plusieurs fois après. J’avais obtenu du conseil départemental de limiter la vitesse sur cette route à 70 km/h. L’éclairage de la chaussée a été installé. Des radars pédagogiques doivent l’être également très prochainement. Concernant l’équarrisseur, il n’y en a qu’un habilité à faire ce type d’intervention dans toute la Haute-Garonne, d’où cette attente pour évacuer le corps des animaux", explique l’élu. Même son de cloche chez les gendarmes où un militaire expérimenté affirme qu’en 30 ans de métier il n’a jamais été confronté à un accident de la route impliquant des chevaux "Mais il y a beaucoup d’émotion suite à ce drame et je le comprends", affirme Gérard Bolet.




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