vendredi 2 février 2018

Le fils alcoolisé agresse sa mère de 94 ans

L e 1er  janvier, la vieille dame de 94 ans, arrive au commissariat pour déposer plainte. Elle était tremblante, désorientée, témoigne l’avocat de permanence ce matin-là. Son fils, un gaillard de 53 ans a failli l’étrangler.
 Quelques heures avant, à 6 h 30, il avait débarqué dans sa chambre, lui reprochant d’être responsable de cinq décès dans la famille. Et d’escroquer l’État, « depuis l’temps qu’t’es en retraite ! ». Il a vociféré des insultes avant de sortir de la chambre, sans quitter le logis.
Elle est descendue à son tour à la cuisine. Il lui a tapé dessus avec une spatule, puis une cuiller en bois, a voulu l’étrangler, l’a collée contre le mur… La vieille dame a réussi à se sauver et trouver refuge chez une voisine. 
Quand la police est arrivée vers midi, l’interpellation fut plutôt mouvementée. Embarqué au poste, il accusait encore 0,60 g d’alcool par litre de sang à 19 h 50, en ce lendemain de réveillon.
L’alcool est son problème. Il le sait. À la barre, l’homme est blême, « je ne me souviens de rien ». Le tribunal le croit. Lui reconnaît, « oui, il y a déjà eu des incidents de ce genre, lorsque je suis alcoolisé. Mais des violences orales seulement ».

Alcool, Internet, thèses complotistes…

L’alcool-détente, dans son job d’électrotechnicien en Suisse, est devenu béquille. Il lui doit finalement son divorce. « Votre ex-épouse à pourtant essayé de vous aider ! », note la présidente. « Je ne me rendais pas compte, peut-être parce que je ne voulais pas, peut-être parce que je ne pouvais pas », admet-il.
Il a démissionné, s’est enfermé dans la maison vide. La chaudière est tombée en panne, il est retourné chez sa mère. Elle l’a recueilli en 2013. L’alcool l’a emporté. À force d’accompagner ses tête-à-tête avec Internet. Il s’y promenait entre thèses complotistes et colères multiples. Alimentant des bouffées délirantes. Des discours agressifs et incohérents, dont la mère est seule témoin.
Aujourd’hui il est en sevrage. Il espère rencontrer un psychiatre. Sa mère est partie vivre chez sa fille. À 94 ans elle a perdu une fille, et un fils aîné, « elle veut reprendre des liens avec ce fils, son temps est compté, elle n’a ni acrimonie, ni désir de revanche », assure Me Pichoff, partie civile, qui demande l’euro symbolique.
Me Dumont parle de suicide social, « une démission, une maison laissée à l’abandon à Besançon, une autre dans le Sud. Il n’a plus de Sécurité sociale, n’a pas demandé le RSA. Aujourd’hui il est en attente d’une place au foyer Javel, il y sera bientôt hébergé, y travaillera ». 
L’avocat plaide pour un Travail d’intérêt général qui lui remette le pied à l’étrier et participerait à la réussite des soins.
Le tribunal préfère 8 mois avec sursis et mise à l’épreuve durant 2 ans, avec l’obligation de travailler, ou suivre une formation, et de se soigner. « J’espère que cette peine sera votre salut. C’est du gâchis de vous laisser sombrer », encourage la présidente. Ça aussi il le sait.


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