mardi 6 mars 2018

CHRU de Besançon : une médecin des urgences tente de se suicider dans son service. L’affaire témoigne-t-elle du mal-être hospitalier ?

C’est une douloureuse affaire qui vient d’avoir lieu au CHRU de Besançon ; une de ces affaires témoignant de ce mal-être au sein de l’hôpital public ne cessant d’être dénoncée, étalée sur la place publique tant par des médecins que des personnels paramédicaux. Une médecin des urgences âgée d’une cinquantaine d’années a été retrouvée pendue, jeudi dernier vers 19 heures, au détour d’un escalier, dans son propre service par un membre du personnel. Malgré le choc de pareille vision, ce dernier a eu la force physique et morale de la détacher et d’alerter sur le champ ses collègues qui sont parvenus à la sauver. La médécin n’est plus actuellement hospitalisée au CHRU.

« Elle subissait un harcèlement moral »

C'est un membre du personnel de ce service des urgences qui a tenu à rompre le silence de la direction du CHRU sur cette affaire : « Je témoigne de façon anonyme, sinon, c’est la fin pour moi. On se sent en porte-à-faux mais la direction tente d’étouffer l’affaire » Cette médecin subissait un harcèlement moral destiné à l’écarter ou à la mettre au placard. Elle est allée se pendre à l’issue d’une réunion avec deux chefs du service, un membre de la direction et un membre du comité médical d’établissement. On tente désormais de la faire passer pour une personnalité fragile, ce qui n’est pas le cas. On lui reprochait de ne pas être à l’aise par rapport à des aspects des urgences. Elle assumait des vacations aux urgences et ne faisait pas de SMUR. Elle admettait des doutes, peut-être des failles par rapport à son poste qu’on la forçait à occuper alors qu’elle préférait s’occuper des lits d’hospitalisation. ».

Report de la visite de la ministre

Cette affaire est certainement la cause du report de la venue de la ministre de la Santé. Agnès Buzyn devait visiter ce lundi le nouveau bâtiment du pôle cancer biologie du CHRU bisontin. Les syndicats avaient prévenu la direction qu’ils saisiraient la ministre de cette affaire sur laquelle ils sont restés muets pour l’instant.

Un communiqué du CHRU

De son côté, la direction du CHRU indique dans un communiqué : « « Un médecin du service des urgences du CHU a tenté de mettre fin à ses jours à l’hôpital Jean-Minjoz le jeudi 1er mars 2018 dans la soirée. Après que des soins les plus attentifs lui ont été prodigués, ce médecin n’est plus hospitalisé au CHU. Sa situation de mal-être est connue au sein de son service et par la direction qui l’a signalée auprès de la médecine du travail à plusieurs reprises. Toute la communauté hospitalière est profondément peinée par ce geste d’une particulière gravité, et assure le médecin et son entourage de son soutien dans ces circonstances difficiles. Des mesures d’accompagnement des équipes sont mises en place auprès des personnels qui souhaitent se faire aider devant cette situation


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire