dimanche 4 mars 2018

Décès du comédien Marcel Philippot ... les causes ...

Il incarnait le client mécontent, spécialiste des réclamations dans la série « Palace ». Le comédien s’est suicidé vendredi 3 mars, à 64 ans.
« Je l’aurai. Un jour, je l’aurai ». C’est par cette réplique-culte qui enchantait les amateurs de la série télévisée « Palace », écrite et mise en scène par Jean-Michel Ribes, diffusée dans les années 1980, que Marcel Philippot s’est fait connaître du grand public. Et par les immuables saynètes (« Appelez-moi le directeur ! »), avec le regretté Philippe Khorsand, qui tournait à sa confusion
Il faut toujours se méfier des humoristes au regard triste. Il n’est pas rare que leur esprit caustique ou la perfection de leur jeu décalé cache de réelles fêlures et que l’acteur qui excelle dans ce registre mène, en réalité, un combat intime autrement plus sérieux. Marcel Philippot incarnait, à merveille, le client jamais content, râleur perpétuellement insatisfait, le roi des réclamations, persuadé de son bon droit, avec une distinction au diapason du grand établissement, s’est suicidé vendredi dernier à son domicile. Il avait 64 ans.

Un être rare, avec beaucoup de délicatesse et de finesse

Comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, formé au Conservatoire de Paris, il a joué des dizaines de seconds rôles, notamment dans des comédies, « Brèves de comptoir » (pièce et film), « Le Schpountz », la série « Kaamelott ». Il avait été aussi l’un des pensionnaires du « Petit théâtre de Bouvard » dans les années 1980.
« Élégant, délicat, cultivé, bienveillant, irrésistible, toujours d’attaque pour combattre l’esprit de sérieux, victime d’une dépression acharnée, mon ami l’acteur Marcel Philippot s’est donné la mort hier. Une issue de secours vient de disparaître, j’étouffe de tristesse », a réagi sur Twitter Jean-Michel Ribes, dramaturge, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point.
« Marcel Philippot était un être rare, avec beaucoup de délicatesse et de finesse, au-delà de sa fantaisie parfois burlesque. C’était un grand comédien, très élégant, a-t-il ajouté. Il était l’un des sociétaires de Palace, du Théâtre sans animaux, de Brèves de comptoir que nous avons joués sur scène à Paris, en tournée, et au cinéma. Il était parfait pour donner la parole aux anonymes, pour incarner le génie de ce peuple que l’on n’entend jamais à la télévision et à la radio ».

Donner de la joie aux autres

Ces derniers mois, Marcel Philippot travaillait sur un projet de pièce avec le metteur en scène Arnaud Denis, pour qui il avait déjà joué au théâtre de la Huchette en 2016 (« Le personnage désincarné »). « Tu étais un « comédien britannique français ». Fin, subtil, exigeant, redoutable et incisif. Et surtout si drôle. Même lorsque tu étais triste, tu faisais rire les autres. C’était ton premier plaisir. Donner de la joie aux autres. Cette joie qui t’avait fait faux bond, quelque part dans le tourbillon incohérent de l’existence, a commenté Arnaud Denis dans un message sur Facebook. Nous avons commis l’erreur de te cantonner, les uns et les autres, dans un certain répertoire, dans un certain emploi. C’est notre tragédie de manquer d’imagination, nous qui nous prévalons de servir l’imaginaire ».
« Je l’aurai. Un jour, je l’aurai », disait l’irrésistible Marcel Philippot, trop longtemps réduit à ce rôle d’amuseur. Vendredi, lassé de réclamer des comptes à la vie, il s’est tourné vers la mort.
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