mercredi 4 avril 2018

Violences conjugales : deux mois de prison ferme

Stéphane, métallier de 30 ans, vit très mal la rupture. En décembre, après 13 ans de vie commune, Marie, sa compagne et mère de leurs deux enfants, lui a indiqué que c’était fini. Depuis, visiblement malheureux comme une pierre, il habite chez sa mère mais n’a pas fait son deuil de cette rupture. Le 13 décembre dernier, il a même commis des violences sur son ex-concubine et, en attendant d’être jugé le 9 avril, il avait alors été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction stricte d’entrer en contact avec la victime et de se présenter à son domicile.
Ce mardi, il passe pourtant en comparution immédiate, encadré par deux surveillants pénitentiaires. Dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir demandé une énième fois à Marie de reprendre la vie commune, il n’a rien trouvé de mieux que de se rendre à son domicile, à Toul…
Sur place, et devant les enfants, il a poussé son ex-compagne, qui est tombée à deux reprises, lui a confisqué son portable pour tenter de l’éplucher. Elle a prévenu la police avec son fixe.
L’homme a un casier vierge et un travail en CDI depuis 6 mois. « C’est vraiment fou d’en être arrivé là », lâche-t-il du box.
« Mon client, en dépression, est en arrêt maladie depuis la mi-décembre. », glisse Me Marrion. « Il veut abandonner son emploi et quitter la région pour le Sud. Son frère lui a déjà trouvé un travail. Il a du mal à tourner la page et a franchi, oui, la ligne rouge dans un excès de jalousie ».
« Je veux partir loin d’ici », assure le trentenaire. « Et recommencer une nouvelle vie ».
L’avocate de la victime assure que sa cliente est « harcelée depuis des mois » mais qu’elle ne souhaite pas qu’il aille en prison. Le parquet est, lui, d’un autre avis, qui requiert 1 an dont 6 mois ferme avec maintien en détention. « Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son concubin », martèle la représentante du ministère public. « Cette nuit-là, il cherchait le mec qui lui avait volé sa femme. Il considère cette dernière comme son objet ».
Jugement : 6 mois dont 4 avec sursis et mise à l’épreuve. Et maintien en détention

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