dimanche 24 juin 2018

Série noire pour les motards du Doubs : ’’des fondamentaux à respecter’’

Quand cette spirale va-t-elle s’arrêter ? Depuis quelques jours, les motocyclistes ne sont pas épargnés par les routes du Doubs. Après la mort d’un jeune homme de 24 ans lundi à Mathay, c’est la vie d’un trentenaire du Haut-Doubs qui, d’un coup d’un seul, s’est stoppée net, jeudi à Maîche. Vendredi à Goux-les-Usiers puis samedi, encore à Maîche ( lire par ailleurs ), ce sont deux autres pilotes de deux-roues qui, grièvement blessés, ont été héliportés au CHRU de Besançon.
On le sait, la vulnérabilité des motards sur la route est élevée. Et la moindre erreur des automobilistes – protégés, eux, par l’habitacle de leurs voitures – peut leur coûter très cher. Vigilance et respect doivent rester les maîtres mots à l’égard des motards, qui représentent 2 % du flux routier en France, mais 25 % des tués.

Commandant adjoint de l’escadron départemental de la sécurité routière du Doubs, Eric Bruckert pointe également la responsabilité des motocyclistes : « Il y a des fondamentaux à respecter. C’est le pilote qui amène sa moto, et non l’inverse. La plupart des motocyclistes ne roulent pas de l’hiver, il doit y avoir une période de réacclimatation, de reprise en main de son engin, alors que certains, aux beaux jours, se sentent pousser des ailes. La moto, c’est de l’habileté ». Et les chiffres tombent, implacables : déjà cinq morts dans le Doubs en 2018 (hors agglomérations de Besançon, Montbéliard ou Pontarlier), soit autant que durant toute l’année 2017.
« On voit deux situations se reproduire souvent », note le major, « la première, c’est le défaut de maîtrise. On va trop vite, on appréhende mal la trajectoire d’un virage, on subit un élément extérieur, et le motard chute seul. Avec ensuite des obstacles : une barrière, un camion, un arbre… L’autre cas, c’est lorsqu’on remonte une file de voiture, et que l’une d’elle tourne à gauche à un carrefour. Il faut rappeler que le code de la route interdit tout dépassement au niveau d’un carrefour. »
Eux aussi juchés sur des deux-roues, Eric Bruckert et ses collègues de l’EDSR passent leur vie à « ramasser » des victimes sur la chaussée : « On a la même passion qu’eux. Quand on se déplace sur un accident qu’on voit un jeune ou moins jeune mourir de cette passion, ça nous touche profondément. La moto doit rester un plaisir. » Un plaisir qui doit être à la fois maîtrisé, et respecté par les autres usagers de la route.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire